Dimanche 22 avril 2007


Qualifiées par la commission d'enquête de l'ONU de crimes contre l'humanité, les exactions commises depuis maintenant deux ans au Darfour, une région de la taille de la France, plongent la population dans l'horreur des massacres, des exodes forcés et de la famine, et compromettent la stabilité de toute une partie de l'Afrique. La gravité de cette situation est niée par un régime politique soudanais centralisateur, violent et corrompu, alors que les preuves abondent de son implication directe dans ces massacres. L'analyse des événements tout aussi dramatiques et même souvent encore plus meurtriers qu'au Darfour survenus dans d'autres régions du Soudan, montre que la seule réponse du régime politique soudanais aux crises internes est le massacre ; le gouvernement soudanais lui-même étant parfaitement illégitime puisque il est issu d'un coup d'Etat. Prise dans un faisceau d'intérêts contradictoires, la communauté internationale peine à faire cesser ces crimes, ce qui rendrait pourtant aux populations du Soudan un espoir érodé par les vingt ans de guerre et les 2 millions de morts du Sud-Soudan, chrétien et animiste.

 

Massacres et exodes

 
Tout était calme dans ce village africain rural et paisible du Darfour quand un groupe de janjawid, les diables à cheval, en uniforme de l'armée soudanaise, a attaqué dans un vacarme assourdissant, en hurlant « tuez les esclaves, tuez les Noirs ». En quelques heures, ils ont tué des hommes, parfois brûlés vifs, violé les femmes et les filles dès l'âge de 8 ans en leur criant qu'elles allaient enfin avoir un bébé arabe, pillé les troupeaux, brûlé les maisons, empoisonné les puits, percé à coup de kalachnikov les récipients susceptibles de contenir de l'eau, profané mosquées et corans, quoique attaquants et attaqués soient tous musulmans. Les survivants se retrouvent sur les pistes, sans ressources.

 
Certains se rendront dans des camps de réfugiés au Tchad, d'autres iront grossir au Darfour les immenses camps de déplacés où ils retrouveront les janjawid qui s'y pavanent triomphalement, les harcelant, violant les femmes dès qu'elles sortent du camp pour chercher du bois pour le feu, en leur criant de revenir avec les hommes pour qu'ils puissent les tuer.

 
Là, les forces gouvernementales ont longtemps exercé toutes sortes de pressions pour obliger les déplacés à quitter les camps du Darfour, les sommant de rentrer chez eux, les jetant au milieu de nulle part alors qu'ils ne trouveront ni à boire ni à manger, que leur village n'existe plus, que les récoltes et les semences ont été brûlées et qu'avant même de parvenir à leur village, ils se feront massacrer par les janjawid, loin de tout regard indiscret.

 
Cela dure maintenant depuis deux ans. Les photos satellites montrent plus de 400 villages ainsi brûlés la seule première année. Les Soudanais qui s'émeuvent de ces crimes sont arrêtés par les forces de sécurité, mis au secret et souvent torturés, et en premier, les citadins issus de ces tribus massacrées du Darfour.

 

Crimes contre l'humanité

 
Les organisations internationales, Human Rights Watch, Amnesty International, International Crisis Group, de nombreux journalistes et hommes politiques ont recueilli par centaines les témoignages de ces atrocités.

 
Les Nations Unies comptent 200 000 morts de maladie et de malnutrition, 50 000 tués par les armes à feu, les armes blanches, ou brûlés vifs, 2,4 millions de déplacés et 200 000 réfugiés, sans parler des innombrables viols. On attend 10 000 morts de plus par mois et 3 millions de déplacés/réfugiés, fin 2005.

 
La présence de camps de déplacés, malgré l'insécurité qui y règne, a empêché la Commission d'enquête diligentée par les Nations Unies de conclure à un génocide. Elle a néanmoins déclaré que l'accusation de crimes contre l'humanité qu'elle lançait à l'encontre du gouvernement soudanais et les milices janjawid, n'était pas moins grave qu'un génocide et que les criminels (cinquante deux personnes identifiées dans une enveloppe scellée), devraient être jugés par la Cour Pénale Internationale.

 
La pression de la communauté internationale n'a réussi ni à faire cesser ces massacres, ni à faire juger les janjawid par Khartoum. Elle a seulement permis que ces attaques de villages ne soient plus systématiquement précédées par des bombardements de l'aviation soudanaise, et a arrêté le rapatriement forcé des déplacés.

 
Sur le terrain, les derniers développements sont alarmants. L'Etat harcèle le personnel humanitaire qu'il soupçonne de divulguer les exactions. Les janjawid ont récemment menacé de s'en prendre aux occidentaux parmi ce personnel. Beaucoup sont désormais regroupés laissant les déplacés seuls.

 
Les Nations Unies n'ont plus d'argent pour le Soudan, tout ayant été dépensé pour le tsunami.

 

Une situation niée par le gouvernement soudanais

 
Le gouvernement soudanais minimise ou nie la gravité de la situation au Darfour, disant par exemple que les musulmans ne violent pas, qu'il est normal que les tribus arabes soient armées pour pouvoir se défendre – alors qu'aucun village arabe n'a été attaqué-, qu'il s'agit d'un conflit sur les ressources en eau, que toute cette affaire est inventée par l'ambassade américaine et les ONG et surtout que le gouvernement n'y est pour rien.

 

Une situation organisée par le gouvernement soudanais

 
Or ce drame du Darfour est perpétré par l'Etat soudanais qui organise, arme et commande les milices janjawid. Les preuves et témoignages abondent : la présence de l'armée soudanaise lors de l'attaque des villages, les bombardements aériens, le port d'uniformes par les janjawid jusqu'aux instructions écrites de Khartoum portant sceaux et signatures que l'organisation Human Rights Watch a pu se procurer ou aux déclarations de Musa Hilal, un chef des Rizeigat Abbala armés par le gouvernement soudanais, selon lesquelles toutes les milices sont commandées par un officier de l'armée qui reçoit ses ordres du commandement de l'Ouest du Soudan et de la capitale.

 

Les causes

 
Depuis au moins 1820 et la colonisation égyptienne, le centre du pays proche de la vallée du Nil jusqu'à la frontière égyptienne, a un fort sentiment de supériorité vis à vis du reste du pays et accapare pouvoir et ressources. Ce sentiment est dû à plusieurs causes. Des causes historiques d'abord. Cette partie de la vallée du Nil s'enorgueillit d'une histoire qui date de 5000 ans.

 
Celle du Darfour, par exemple, ne remonte qu'au 16ème siècle, alors qu'il était un sultanat indépendant. La même partie de la vallée du Nil, de chrétienne qu'elle avait été du 6ème au 16ème siècle, fut arabisée puis islamisée du 12ème au 17ème siècle. C'est par elle et par ses marchands que, plus tard, le pays connut l'islam et la langue arabe. Arabisés, ses habitants ont un teint un peu plus clair. Tout cela justifie, dans leur inconscient, l'écart de traitement entre le centre et la périphérie.

 
La publication anonyme d'un Livre Noir fit prendre conscience aux Darfouriens que leur région était en-dehors des circuits du pouvoir et de l'argent. La manne pétrolière nouvelle, dont ils ne profitèrent pas du tout, allait aggraver leurs ressentiments. De plus l'Etat ne faisait rien pour lutter contre les innombrables bandits des grands chemins. Vinrent les pourparlers de paix du Sud. Les tribus africaines du Darfour (en particulier les Four, les Zaghawa et les Massalit) comprirent qu'au prix d'une guerre de plus de 20 ans, les Sudistes obtenaient des avantages considérables et que seul le langage des armes était entendu par Khartoum. Ils se rebellèrent.

Ne pouvant faire mater cette rébellion par l'armée régulière dont bon nombre de sous-officiers sont issus de ces tribus, le gouvernement soudanais appela les tribus arabes du Darfour à faire la guerre contre les tribus africaines du Darfour. Certaines, dont les Rizeigat Baggara, refusèrent. D'autres au contraire s'engagèrent fortement. Ainsi par exemple, les Rizeigat Abbala du chef Mousa Hilal qui s'est vu accorder par avance toute impunité. Ces tribus seront surnommées janjawid.

 
Les même causes produisant les mêmes effets, la contestation contre les inégalités de traitement du gouvernement soudanais n'est pas l'apanage du Darfour puisqu'elle fut une des causes de la guerre du Sud-Soudan et que, maintenant, au Nord, les collines de la Mer Rouge connaissent une forte agitation qui se répandrait au Kordofan.

 
Les graves exactions du Darfour ne sont ni les seules, ni les premières.

 
Débutée en 1983 la guerre contre le Sud-Soudan, dont la taille est d'une fois et demie la France, a fait dans les rangs de la population chrétienne et animiste de cette région plus de 2 millions de morts, plus de 4 millions de personnes déplacées et plus de 500 000 réfugiés.

 
Ce même régime politique a aussi :

 - massacré et dispersé comme au Darfour, les Noubas, tribus montagnardes du centre du Soudan au début des années 1990 ;

- provoqué une terrible famine dans le Bahr el Ghazal, au Sud, et massacré ses populations en 1998 ; réduit ses jeunes en esclavage jusqu'en 2001 ;

- massacré et dispersé comme au Darfour, les Shillouks, près de Malakal, au Sud, en 2004 ;

- massacré et dispersé comme au Darfour, les populations des zones pétrolières du Sud depuis 1999 : les derniers témoignages de ces exactions remontent à janvier 2005. Les survivants ne sont jamais retournés chez eux.

 
Dans ces régions les massacres et les déplacements n'ont pas été chiffrés. La communauté internationale ne s'y est pas intéressée, l'accès est très difficile et de plus interdit.

 

Un gouvernement soudanais illégitime

 
En 1989, le gouvernement et le parlement démocratiquement élus s'apprêtent à faire la paix avec le Sud-Soudan et, pour ce, à supprimer la charia, loi islamique qui fait des non musulmans que sont les habitants de cette région, des citoyens de seconde classe.

 
Pour sauver la charia, le mouvement des Frères Musulmans, qui avait été largement battu aux élections avec moins de 10% des voix, perpètre alors un coup d'Etat, attend, pour s'annoncer comme Frères Musulmans, d'avoir les rouages de l'Etat bien en main, met en place un régime totalitaire avec des services de sécurité qui enlèvent, torturent, voire tuent tout opposant supposé dans tout le pays, poursuit 16 années supplémentaires de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité au Sud-Soudan, et accumule une richesse colossale.

 

De fragiles pourparlers de paix

 
Si l'on ne tient pas compte de prétendus pourparlers de paix par le gouvernement soudanais avec des non rebelles, des chefs tribaux non impliqués voire des janjawid, des pourparlers ont eu lieu à l'instigation d'abord du Tchad puis de l'Union Africaine.

 
Le Tchad est très impliqué dans la guerre du Darfour puisque le territoire des tribus africaines Massalit et Zaghawa s'étend du Darfour jusqu'au Tchad, tandis que des tribus arabes du Tchad participent au pillage des tribus africaines du Darfour. Le président du Tchad est lui-même un Zaghawa mais il est très redevable au président soudanais qui l'a aidé à prendre le pouvoir. Ces pourparlers ont abouti à un cessez-le-feu qui n'a jamais été respecté : ce non respect étant scrupuleusement noté par une force envoyée au Darfour par l'Union Africaine, avec, comme seul mandat de noter les non-respects du cessez le feu, sans autorisation d'intervenir, ni entre les combattants, ni pour protéger les populations.

 
Il a été plus récemment décidé de conduire les pourparlers en suivant le plan qui avait été utilisé pour les pourparlers de paix avec le Sud-Soudan, en commençant par la question du partage du pouvoir. Si le gouvernement soudanais semble vouloir accepter un peu plus de démocratie pour le Darfour, il paraît beaucoup plus réticent à l'idée de le laisser participer au gouvernement central. Toutefois, selon l'accord de paix avec le Sud, il y aura des élections libres dans trois ans dans tout le Soudan. Qui vivra, verra.

 
Mais les organisations rebelles, principalement le grand Mouvement pour la Libération du Soudan (MLS) et le petit Mouvement pour la Justice et l'Egalité (MJE) bien financé par une faction non autorisée des Frères Musulmans (cheik El Tourabi), repoussent les pourparlers jusqu'à ce que les criminels accusés par les Nations Unies soient jugés par la Cour Pénale Internationale (CPI). La Commission d'Enquête de l'ONU a noté contre les forces rebelles quelques exactions, qui ne peuvent en aucun cas être comparées à celles du gouvernement.

 

Une communauté internationale longtemps divisée

 
Malgré la faiblesse que la France a montrée envers le gouvernement soudanais pour la guerre du Sud-Soudan et pour ses violations des droits de l'homme, elle se trouve parmi les plus actives à appuyer le Conseil de Sécurité sur le Darfour, à cause de la déstabilisation causée au Tchad.


Après une décision menaçante contre le gouvernement soudanais, le Conseil de Sécurité a craint, en irritant le Soudan, de risquer son accord de paix avec le Sud. D'autre part, la Chine est très impliquée dans l'exploitation pétrolière au Sud-Soudan, la Russie grande pourvoyeuse d'armes du Soudan : ces Etats sont opposés à l'embargo l'un, sur l'exportation du pétrole, l'autre sur l'importation des armes, les seules sanctions efficaces. Le Conseil de Sécurité a donc limité le flot d'armes arrivant au Darfour et édicté des sanctions personnelles, interdictions de voyage et sanctions financières, contre des personnes à être identifiées.

 
Il était très important d'arrêter l'impunité qui encourage les exactions. La pression internationale et quelques concessions ont permis au Conseil de Sécurité, avec l'abstention américaine, de déférer devant la Cour Pénale Internationale les criminels identifiés par la Commission d'Enquête de l'ONU. Le gouvernement soudanais affiche déjà sa mauvaise volonté évidente d'y collaborer. L'urgence est maintenant à la protection des populations civiles et à leur retour sécurisé chez elles, comme pour toutes celles qui ont été déplacées de force au Soudan. Elle est aussi à la reprise des pourparlers de paix.

 

 

Simone DUMOULIN, le jeudi 05 mai 2005.




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Par Alain - Publié dans : Solidarités
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Samedi 14 avril 2007


J’ai eu à quelques reprises l’occasion de travailler au Liban Sud à des moments – ils sont malheureusement assez fréquents – où cette région était « zone de guerre ».

 

Cela signifiait concrètement que, plusieurs fois par jour (voire par heure), la seule sirène encore en service à Tyr retentissait et que les premiers projectiles explosaient avant même la fin du signal, mon bureau étant situé à moins de deux kilomètres de la ligne de feu.

Pas le temps de gagner un abri – il n’y en avait d’ailleurs pas à proximité – et tout le monde se précipitait sous les tables pour éviter les éclats. Tout le monde ? Non : moi, je me mettais à l’abri, certes, mais en me couchant lentement, presque majestueusement.

 

J’y ai gagné une réputation de grand courage.

Je n’ai jamais avoué à mes amis que, à cause des séquelles de vieux accidents, j’étais absolument incapable de plonger aussi vite qu’eux, malgré toute mon envie de les imiter !

 

C’est ainsi que se construisent les renommées…

 

 




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Par Alain - Publié dans : Tranches de vie... et de mort
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Jeudi 12 avril 2007


Je suis abonné à de nombreux blogues et suis parfois touché par leur contenu, ou émerveillé par leur forme.
Et je me dis alors qu'il est bien dommage que la diffusion de ces écrits soit limitée, mais que faire ? Alors, à ma modeste mesure, je vais les promouvoir auprès de mes lecteurs en attirant leur attention sur mes « coups de cœur ».

Cliquez sur ces liens, vous ne le regretterez pas !

 

 

 

Melle Mela : 19 août 2001 à 23h 01

 

CAROLINE : Homme/femme, mode d’emploi. Moi, perso, j’l’ai perdu

 

Florence : égoïste

 

Agathe Laforge : Un peu de moi, …

 

William Reymond : Plein le dos

 

Nomc : La Grande Occasion




Seuls sont présentés ici les liens fonctionnels au 09/04/08
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Par Alain - Publié dans : Mes amis sont formidables
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Mardi 10 avril 2007

Dans le communiqué publié par ses services à Genève, Louise Arbour demande également l'ouverture d'une enquête sur l'enlèvement présumé en septembre dernier de 19 hommes par la faction de l'Armée de libération du Soudan du chef rebelle Minni Minnawi.

Trois de ces hommes ont été libérés par la suite, mais l'incertitude demeure sur ce qui est arrivé aux autres. En janvier, huit corps ont été découverts, qui seraient ceux de certains des disparus. D'autres membres du groupe de disparus pourraient se trouver parmi 25 cadavres exhumés en octobre, selon les informations recueillies par des enquêteurs de l'ONU. Les hommes enlevés auraient été torturés, selon des témoignages.

Les informations sur les viols et cet enlèvement ont été collectées par une équipe de trente enquêteurs de l'agence onusienne des droits de l'homme travaillant dans la région du Darfour.


Concernant les viols, les enquêteurs ont découvert que ces abus sexuels se seraient produits à la mi-décembre et un peu plus tard dans neuf villages de la région de Jebel Marra dans l'est du Darfour. Et on dénombrerait au moins 15 cas de viols et d'abus sexuels attribués aux soldats.

"Certaines des victimes n'étaient âgées que de 13 ans et au moins deux femmes enceintes ont été la cible de ces violences", souligne le communiqué. "Les assaillants portaient des uniformes militaires et ont été décrits par les victimes comme des soldats."

Selon des témoignages recueillis par des employés de l'ONU, "il semble que durant les attaques de décembre 2006 le viol ait été utilisé comme une arme de guerre pour humilier et instiller la peur dans la population locale", précise le communiqué.

Citant des sources locales, il souligne que les viols s'inscrivaient dans le cadre d'une offensive plus large contre les populations appartenant au même groupe ethnique que certains rebelles du Darfour, qui a fait 36 morts.


Parmi les informations recueillies par les enquêteurs de l'ONU figurent des récits poignants de femmes affirmant avoir subi des viols et abus sexuels pendant des jours par des hommes armés portant des uniformes militaires et des tenues civiles.

Le gouvernement soudanais doit mener "une enquête impartiale et transparente sur les attaques, en se concentrant particulièrement sur les allégations de viol et d'autres violations graves du droit international sur les droits de l'homme", selon les services de Mme Arbour.



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Par Alain - Publié dans : Solidarités
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Mercredi 4 avril 2007

Mon amie
Melle Mela se bat depuis sa naissance contre une " maladie orpheline ".

Cette grande dame de vingt-six ans le raconte dans des articles poignants.

Alors, allez vite lire son blogue, en attendant qu'elle en fasse un livre : vous y rencontrerez le vrai courage, celui de tous les jours, bien supérieur à celui de mes aventures ponctuelles. Et si vous êtes en veine d'admiration, n'hésitez pas à le lui dire, elle la mérite, elle !



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Par Alain - Publié dans : Mes amis sont formidables
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Dimanche 11 mars 2007


« Tu n’irais pas les caresser comme lui, hein ? »

 

Franchement, les crocodiles peuplant les douves du palais présidentiel de Yamoussoukro n’ont pas l’air très avenants. N’allez pas imaginer des douves à la façon des châteaux de la Loire, mais à la dimension africaine : dans les trois cents mètres de large. Et à la surface de l’eau boueuse flottent des centaines de troncs d’arbres, les bestioles à l’affut, car le troupeau de vaches livré ce matin n’est plus pour eux qu’un lointain souvenir.

Une demi-douzaine d’entre eux se chauffent au soleil sur une petite plage à côté de la porte d’enceinte : des caïmans de trois à quatre mètres de long qui semblent dormir, mais sont assez éveillés pour attraper au vol, sans jamais les manquer, les morceaux de viande que le « berger » leur jette. La vivacité de ces monstres est étonnante. Et de temps en temps le berger va en caresser un, très prudemment.

 

Mes accompagnateurs ont manifestement oublié qu’un « expert » doit relever tout ce qui peut ressembler à un défi sous peine de perdre son crédit… moi pas ! Aussi, je ne fais ni une ni deux et enjambe le garde-corps ; mon geste est si inattendu que personne ne songe à m’en empêcher.  Dans le silence de mort qui s’est abattu sur nous, je n’entends plus que mon cœur, qui bat vraiment très fort !

J’ai bien observé comment faisait le berger, et me conduis exactement comme lui. Je choisis un crocodile isolé des autres ; c’est le plus gros, mais il est bien placé, la tête tournée vers l’eau. Je peux donc l’approcher en restant du côté de la terre ferme, sans risquer me faire couper la retraite.

Je me penche ensuite lentement, en gardant les jambes en dehors du demi-cercle que pourrait balayer sa queue, et du bout des doigts je tapote délicatement l’extrémité de l’appendice caudal… sans réaction du monstre.

J’ai rempli mon contrat et recule vers la barrière, sans perdre mes agneaux des yeux ; deux d’entre eux ont discrètement amorcé leur reptation dans ma direction, mais il leur manquera plusieurs secondes, je peux donc sortir dignement, en faisant mine de ne pas me presser.

Le silence est alors rompu par les hurlements de joie des assistants. Mais le plus étonné, c’est peut-être moi, quand je constate que les spectateurs sont devenus presque aussi pâles que moi !

 

Et puisqu’il faut une morale à toute histoire, tous ont vite retrouvé leur verve et leur couleur, celui qui m’avait provoqué a été licencié le soir même, l’histoire a fait le tour du pays et plus aucun Ivoirien ne s’est avisé de me défier… Un regret quand même : mes accompagnateurs ont été tellement sidérés qu’aucun n’a pensé à prendre une photo ; dommage pour mes archives !

 

 




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Par Alain - Publié dans : Tranches de vie... et de mort
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Samedi 24 février 2007


Le papillon de nuit ne lutte presque plus,

Car chaque geste fait resserre encor les liens

D’argent qu’il n’a pas vus, volant vers son Étoile,

De trop la désirer l’esprit obnubilé.

 

La fin viendra bientôt : solide est le filet,

Quelque fort que l’on soit on reste dans la toile

Sitôt qu’on l’a touchée. Mais un doute lui vient :

Par quelque inadvertance lui aurait-il déplu ?

 

L’aurait-elle piégé ? Est-ce une coïncidence ?

Car les étoiles tuent, elles en ont le droit.

Le voit-elle se battre avec indifférence,

 

Ou bien délectation ? Bourreau ou bien recours ?

Qu’importe ! Il restera fidèle à son endroit :

Elle l’a distingué : il l’adore toujours…




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Par Alain - Publié dans : Vers et quasi poésies
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Samedi 20 janvier 2007


Certains commentateurs de mes papiers font état d’
admiration, ou de leçons… c’est sympathique, certes, mais un peu excessif à mon goût :

 

 

S’il est un sentiment qui toujours me fait peur,

C’est cette admiration que je lis dans tes yeux :

Je veux bien être haï… ou être aimé, c’est mieux,

Mais pas être admiré. Tu me fais trop d’honneur !

 

Si j’ai beaucoup vécu et fait un peu de bien,

Si de nombre d’échecs j’ai tiré l’expérience,

J’ai bien trop fait de mal, brisé des espérances,

Et seul je peux jauger ce passé qui est mien.

 

Et il est lourd, crois-moi, et ses traces brûlantes

Attisent ma douleur de vivre à chaque instant

Et transforment mes nuits en agonies sanglantes,

 

Car je revis cent fois ces moments insensés,

bien d’autres sont morts, dont je fus survivant…

C’est ma baraka seule qui doit être encensée.




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Par Alain - Publié dans : Sautes d'humeur et essais
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Lundi 1 janvier 2007

N
obles Dames et beaux Seigneurs,
Gentes Damoiselles et beaux Damoiseaux,
Beuveurs eternelz et Vérolez magnificques,


Nous, Alain le premier de ce nom, Roy d'Isola Franca, en nostre eage de quatre cens quatre vingtz quarante et quatre ans, sainct de corps e de sens gallefreté, mandons et édictons pour ce novel an :


Pour ce que l'an 2006 fuct particulièrement espoventable, tant en désordres mesnagiers que forains :

avecque horribles trepidation des terres e inundactionz ;
avecque guerres e conflicz tant en Barbarie que sur nos terres ;
avecque un eschauffement de la sphere tel que les pauvres poissons, delaissez de leurs propres elemens, vagoient et crioient par la terre horriblement et les oyseaux tumboient de l'air par faulte de rosée, que passerent XXXVI moys, troys sepmaines, quatre jours, treze heures et quelque peu dadvantaige, sans pluye.

Nous est gran dol aussi nous rementeuvoir l'appariction de faulz prophetes qui ont nom Nicole de Sarko et Ségo la Roture, qui esbaudissent à tort le paouvre peuple en lui baillant un sergens d'armes dans chasque maison ou la sepmaine des troys dimanches.


Doncques mandons et édictons pour ceste nouvelle année :

- Qu'elle soit nosmée à juste titre « An de grasse 2007 » ;
- Qu'il soit faicte obligation à tout e chascun de festoyer et ribauder tous jours du sainct calendar ;
- Que n'y ait ne jeusne ne careme de touz l'an ;
- Que festes soient données tous jours e deucz foiz le dimanche ;
- Qu'en ycelles coule à flots celle nectaricque, delicieuse, precieuse, celeste, joyeuse et deïficque liqueur que nous donna le sainct Noë, sans y mesler moindre part d'eaue, in memoriam Pantagruel nostre Père ;
- Que l'oysifveté soit consacrée première vertu cardinale ;
- Que chascun s'esjouysse au moinz sept foiz per diem, pour ce que riz est le propre de l'homme et de la femme mesmement ;
- Que tous e chascunes se frottent ensemble leur panse à le moins chasque matin et soir et que le laboureur de nature ne chosme poinct ;

- Qu'il soit coigné nouvelle monnoye d'or fin au nom d'A.M.I.C.T.I.É. sentimens qui tous nous unit !





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Par Alain - Publié dans : Sautes d'humeur et essais
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Vendredi 29 décembre 2006


H
ier, j'ai croisé un clochard auquel je donne de temps en temps une pièce.

Au lieu du « Ça va ? » habituel, une autre formule m'est venue, je ne sais pourquoi : « Comment va mon ami, aujourd'hui ? ».

J'ai cru qu'il allait pleurer ! Il a ouvert les bras et nous nous sommes embrassés.

Je crois bien que j'étais aussi heureux que lui…




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Par Alain - Publié dans : Tranches de vie... et de mort
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